S'ECHAPPER
Sur les pistes du soleil,
S’arracher à cette urbanité.
Les roues dans les nuages,
Le vent mène à l’eau-delà.
Au mépris de cette délivrance,
Le voyage reste une impasse.
Percé par une brindille en plein cœur,
Saigner malgré le béton.
Si les questions résonnent sous les ponts,
Le banc est une éventualité.
La contemplation comme une occupation,
L’évasion est une liberté.
L’infini pour seul horizon,
Transcender les frontières de la réalité.
Accompagné de ces visages,
Le décollage peut s’amorcer.
Amoureux et désenchanté,
Explorateur et désabusé,
Même caché, voilé, retourné,
L’aboutissement est d’exister.
Musique : Sky and sand - Berlin Calling de Paul Klakbrenner
CLAUDE
L’histoire est celle de la nuit et de ses oiseaux.
Le travail réunit des photos prises lors de balades nocturnes, celles où les couleurs et l’ambiance se confondent.
Quelques-unes, surtout une, renvoient vers Claude. Alors il fallait montrer son histoire, la finir ou la commencer vraiment.
Claude s’amuse, s’épanouit dans un univers festif, son univers, la nuit.
Il n’est pas si facile pour Claude de vivre le jour, de répondre aux codes d’une société inadaptée à ses attentes, à ses amours.
Claude espère toujours rencontrer le prince, charmant ou pas.
La nuit euphorique peut cependant être source de déception.
La nuit peut être dangereuse.
La nuit peut le renvoyer à son identité, à ce qu’il en reste, à ce genre d’être.
Claude peut souffrir.
Claude peut se découvrir.
Les néons l’accompagnent.
Bientôt la lumière.
Musique : Thank You For Your Love - Antony and The Johnsons
DEMAIN
Arrive le moment où ce qui nous entoure et ce que l’on fait ne fonctionne pas, plus.
Vient une perte de sens pour soi et dans sa relation aux autres.
Comme dans un monde au bout de ses ressources, physiques, mentales, psychiques.
Ici, Paul, comme le nomme Nathan Clamence, peut en passer par la consommation, comme nous tous, de toute sorte. Ce plastique qui envahit. Cette bouffe qui tue. Ce sexe qui rend fou.
L’espoir qui ronge.
Une autre voie, la voix de l’autre.
Continuer à explorer, à creuser, à s’évader.
Quitte à tout recommencer ?
Quitte à tout oublier...
Musique : Recomposed by Max Richter - Vivaldi The four seasons - Shadow 2
THE OTHER SIDE
Partir encore sur cette île adorée alors que je crains l’ennui qui m’y attend.
Je les connais ces plages, ces routes, cet hôtel, ces nuits, ces hommes.
Quel défi d’y retourner sans se lasser… seul le boitier peut me sauver.
Le reflet, au croisement des chemins, a tout déclenché... ne pas se tromper.
Le ton est donné, il faut chercher plus loin que ce que l’on peut voir.
La plage, les amis, la nature, la nuit, la liberté.
La solitude, l’ivresse, le désenchantement, l’ironie, la contrainte.
Le sexe et l’amour aussi.
La magie a encore opéré, au-delà des apparences,
de l‘autre côté du miroir.
Musique : Forget the past, Mirror Mirror (The irrepressibles)
DEDOUBLE
Quand le corps se fissure
Quand le regard se désaxe
Quand l’âme se désabuse
Quand le cri se fait entendre.
Car les générations murmurent
Car l’époque nous emporte
Car rien n’est jamais sûr
Car la réplique est un double je.
Aveuglé par les pensées
L’accident frappe l’exacte exactitude
Confié aux lois aléatoires
Laisser l’infini se fendre.
Alors cool-é
En dessous de la nuit
Le jour pose ses lumières
Sur un coin de la terre.
Persévérer
Douter
Vieillir
Profiter.
Musique : Le monde s’est dédoublé - Clara Ysé
SONGEUSE
Au croisement d’un regard, commence l’histoire.
Elle devient paysage qui devient image.
Au sein d’une nature encore vigoureuse,
émergent les flashs des chimères à venir.
La tôle raisonne avec les couleurs de la nuit.
Les voies mènent à des impasses.
Les chemins laissent sans voix.
Les créatures prennent leur place.
Réveil au milieu du foin.
A-t-elle rêvé ?
Musique : Recomposed by Max Richter - Vivaldi The four seasons - Shadow 4
SELF CONTROL
La succession de clichés, au propre comme au figuré, répond au besoin de contrôle.
L’été parfait. Le ressourcement tant espéré.
Puis le coup de vent,
la barre est franchie : sexe, drogue et rock’n roll.
Jusqu’au lendemain, jusqu’à ce qui nous dépasse nous renforce.
L’équilibre dans l’usure comme dans la démesure.
Musique : Self Control, Avia (BO Relève)
LIRE ENTRE LES LIGNES
De toi ou de moi, peu importe, le portrait vient de soi.
Le match est serré entre le noir et le blanc.
Entre l’illuminé et les anciens yéyés.
Que tu en sois au début ou à la fin,
à la recherche de la fortune ou à griller ta retraite,
mère indigne ou femme de passage,
homme à chapeau ou à photo,
chacun suivra sa ligne.
Loin des rayures, celui qui a tout compris.
Musique : Jain, Makeba (Zanaka)
PERCHé... Ou la vie trépidante d’un WE dans le Perche.
On pourrait croire que tout ça n’a rien à voir.
Que ce mélange confus de noir et blanc et de couleurs, de carrés et de rectangles, de lignes ordonnées et de flous approximatifs, d’objets expressifs et de non-dits, etc… est vain.
Et pourquoi pas d’ailleurs.
L’idée ? L’émotion de l’instant.
Le contexte ? Un week-end, une belle longère, des jardins, des animaux, au cœur d’une région déserte, plate, forte.
La particularité ? L’été indien qui chauffe les corps, les vins frais qui chauffent l’esprit.
La quiétude loin de la ville, l’envie partagée, l’apaisement d’un monde parfait.
Puis la vitesse du temps qui passe qui s’accélère. La vitesse sur la route. Le pouls qui pulse de plus en plus fort.
Le trop, l’ailleurs, le rêve, la douceur de vivre, le je ne sais plus trop quoi.
Enfin le bleu, le jaune, le rose, le vert, l’orange, la réconciliation avec la vie concrète, avec les amis gais.
Le retour aux sources.
Le souvenir de quelques moments hors sol.
Musique : FR David, Words (BO Call me by your name)